Dimanche 20 juillet 2008

Chapitre 44

 

L’audience

 

          Brenn est furieux. Qu’a-t-il bien pu se passer pour que l’audience soit retardée ? Marion et Amarande sont déjà d’une nervosité extrême alors les heures à attendre n’arrangent rien. Pourvu que personne ne les ait vus arriver ! Mike lui a dit de ne prendre contact avec personne, de ne répondre qu’à lui.

 

          Les deux sœurs, serrées l’une contre l’autre,  se tiennent la main comme pour défendre à quiconque de les séparer à nouveau. L’angoisse  fait place à la nervosité. Elles n’ont pas touché à leur plateau repas.

 

          Deux coups à la porte, répétés trois fois, sont le signe de départ. Des agents en civil accompagnent le trio jusqu’à la voiture blindée sur le parking arrière de l’hôtel. Un bref itinéraire changé encore au dernier instant, puis tous s’engouffrent par une porte dérobée du Tribunal, et enfin dans une salle contiguë à la salle d’audience. Tout cela à couvert et dans le plus grand secret.

 

          Le juge Cook entre et tout le monde se lève. John Cromwell, dans son complet trois pièces sombre, se dresse, fier, dans le box des accusés. Son visage est dur. Il regarde fixement devant lui. A sa gauche se tiennent, son plus jeune fils, Hugo, trois officiers de polices également inculpés, ainsi que le propriétaire de la boite de nuit et sa femme, le barman et un  hôtelier.

 

          Les accusations et les dossiers sont exposés  par le ministère public. L’avocat des accusés insiste lourdement sur le fait qu’aucune charge ne peut  être retenues sans preuve.

 

          Le juge annonce calmement :

 

          - J’ai une série de témoins concernant la partie civile…

 

          L’avocat de la défense déclame :

 

          - Votre document est erroné car il n’y a plus de témoin…

 

          - Maître Rollens je n’ai aucune information à ce sujet.

 

          - Je demande alors l’annulation des charges pour vice de forme et demande le non-lieu…

 

          Le juge s’énerve :

 

         Maître Rollens et Maître Cunningham, veuillez approcher. Il s’adresse à Maître Cunningham en premier.

 

          - Comment se fait-il que le dossier n’est pas mis à jour, je n’ai pas reçu d’autres informations ?

         

          - Monsieur le juge, le dossier est en ordre…

 

          Maître Rollens oublie toute convenance et crie :

 

          - Comment pouvez-vous affirmer une telle chose ! Vous n’avez pas votre témoin principal !

 

          - Erreur mon cher confrère, les témoins vont tous défiler à la barre !

 

          Maître Rollens est bleu de rage. Il s’insurge…

 

          - Monsieur le juge, ce n’est pas conforme…

 

          Le juge Cook en a assez de ces joutes oratoires :

 

          - Maîtres, reprenez vos places et vous Maître Rollens, à aucun moment vous n’avez déclaré le décès d’un seul témoin donc ils restent dans le dossier. Prenez cette liste…

 

          Marion entre, encadrée par deux gardes du corps.

 

          C’est la stupéfaction totale ! Maitre Rollens, se lève aussitôt.

 

          - Monsieur le Juge nous n’avons pas été prévenus de ce témoignage !

 

          - Maître Rollens, ce témoin est inscrit sur ma liste…vérifiez….

          - Mais…Je pensais que…qu’elle était…

 

          - Je vous en prie Maître, reprenez vos esprits,

 

          Marion raconte son enlèvement, implique Eliot et Bill, reconnus sur photos. Elle parle de quatre gardes du corps ainsi que d’un homme, le chef, dont elle ne connaît que la voix, meurtrier de Eliot et absent du banc des accusés.

 

          John Cromwell murmure quelques mots à son avocat, et  ce dernier demande :

 

          - Mademoiselle Tromel, êtes vous certaine que cet homme, cagoulé, le chef, a tué cet Eliot ?

 

          - Oui, au moment où il passait devant lui pour secourir son ami Bill.

 

          - Pourquoi devrions nous croire à cette histoire ?

 

          - Parce que les empreintes de mes ravisseurs sont dans la caravane ainsi que les miennes…

 

          - Et cela devrait suffire ?

 

          - Non…Mais cela vient en complément du témoignage de toute la brigade d’intervention. Ils m’ont secourue ! D’autre part Bill a tenté de me violer et ensuite lui et Eliot ont assassiné Marcia. C’étaient des monstres !

 

          Après d’autres questions, Marion peut enfin quitter son siège. Elle est moralement et physiquement épuisée. Jamais elle n’aurait crû que cela soit si difficile de témoigner !

 

          Maintenant à  toi Alicia !

 

          Quand Amarande s’avance vers le juge, une boule se forme dans sa gorge. Voir John Cromwell lui est intolérable !

 

          Maître Cunningham lui demande de raconter tout ce qu’elle sait. Quand elle arrive au viol, les mots s’étranglent dans la gorge. Elle fait une légère pause et continue :

 

          - L’hôtelier séquestrait les filles réfractaires au dernier étage du bâtiment et leur injectait de la drogue. Elles étaient violées par Bill Cromwell et ses acolytes, les policiers ici présents. Ensuite jetées en pâture à des notables qui payaient grassement le propriétaire du night-club. Certaines succombaient en raison de tous les excès. Claudia, une danseuse a disparue ainsi, comme vous le démontrera la vidéo. Le barman servait de rabatteur, ainsi que deux officiers de police, qui jetaient les filles, arrêtées pour des délits mineurs, dans ce milieu de débauche. Là encore une vidéo confirmera mes dires ainsi que la disquette avec toutes les sommes reçues et les noms.

 

          Elle reprend sa respiration quand maître Rollens la bombarde de questions. Elle résiste péniblement à la pression. Il est dur, la traite de prostituée et essaie par tous les moyens de la discréditer et de la déstabiliser. Les larmes aux yeux,   complètement traumatisée, elle s’écroule sous le flots d’injures que le juge a du mal à empêcher.

 

          - Maître Rollens, je vous prierai d’éviter les grossièretés !

 

          Ensuite c’est le tour de Brenn. Il produit toutes les preuves. Il est au bord de la nausée pendant la projection des vidéos. Il en a vu d’autres mais là il s’agit d’Amarande !  Elle se cache les yeux, elle n’en peut plus ! Marion serre sa sœur contre elle. Elle est écoeurée par ce qu’elle voit. Elle se souvient de Bill dans la salle de bains à Londonderry et son corps se met à trembler nerveusement.

 

          Quels dégueulasses ! Ils méritent la peine de mort !

 

          Après plusieurs heures, les jurés se retirent pour délibérer.

 

          Si John Cromwell reste impassible ainsi que les autres accusés. Son fils Hugo commence à paniquer. Il ne veut pas passer sa vie en prison à cause de son frère et de son père et surtout pas pour le vrai responsable de toute cette saleté, celui qui est masqué sur la vidéo et que personne n’a nommé. Il demande à parler au juge. Ce dernier lui fait remarquer que c’est trop tard. Le jury revient.

 

          Le juge s’adresse aux accusés :

 

          - Messieurs, madame, veuillez vous lever pendant la lecture du verdict.

 

          Puis il s’adresse aux jurés :

 

          - Avez-vous réussi à vous mettre d’accord ?

 

          - Oui monsieur le juge : Nous déclarons les accusés coupables de tous les chefs d’accusation

 

          - Bien. Le jugement sera rendu plus tard.

 

          L’affaire n’est pas terminée pour autant.  Le leader est toujours en liberté. Hugo Cromwell voudrait négocier avant la déclaration des peines. Il appelle Brenn !

 

          - Si vous faites alléger ma peine, je suis prêt à tout vous dire sur le personnage en cagoule !

 

          - Je peux essayer mais il va falloir être convaincant !

 

          Il fait entrer Hugo dans une pièce adjacente quand un coup de feu éclate. Brenn dirige son regard vers l’endroit présumé du tir, personne. Hélas, Hugo, gravement touché, murmure « comm… » et décède sans avoir révélé son secret.

 

          Comme quoi ? Qu’a-t-il voulut dire ?

 

          Les agents courent dans tous les sens mais le tireur reste introuvable. Brenn est furieux.

 

          - C’est invraisemblable ! Un tireur sort une arme et personne ne le voit ! Comment a-t-il pu s’échapper ?

 

          - Brenn que s’est-il passé ?

 

          - Duncan ! Tu étais là ?

 

          - Je viens juste d’arriver.

 

          - Un témoin vient d’être éliminé…

 

          - Une des filles ?

 

          - Non…le plus jeune fils de Cromwell…

 

          - N’était-il pas inculpé comme les autres ?

 

          - Oui mais il voulait négocier….Il connaissait le chef…

 

          - Alors l’affaire est terminée maintenant…

 

         - Pas du tout…Marion et Amarande peuvent encore le reconnaître.

 

          - Ah bon ! Et comment ! L’ont-elles vu ?

 

          - Non pas exactement. …. C’est trop long à expliquer et là je n’ai vraiment pas le temps. N’as-tu vu personne se précipiter hors de la salle ou du tribunal ?

 

          - Si, un homme en costume gris semblait pressé…Il est parti par la porte à droite…

 

          - Merci du renseignement…Je t’appellerai pour te raconter toute l’histoire…

 

          - Veux-tu que je mette des hommes à ta disposition pour ramener les deux sœurs ?

 

          Toutes ces questions agacent Brenn. De plus il ne peut divulguer la cachette.

 

         -  Duncan, merci mais je ne sais pas où elles étaient. Nous étions séparés. Seul mon patron Mike connaissait l’endroit.

 

          - Comment avez-vous fait  pour vous en sortir ?

 

          - Duncan excuse moi, je ne peux en dire davantage.

 

          Duncan Mac Dough est vexé.

 

          Ils me mettent à l’écart alors que tout a commencé dans mon Comté ! Il faut toujours que ces irlandais du nord s’approprient nos affaires !

 

          Brenn rejoint John Cromwell alors qu’il s’apprête à monter dans le fourgon à destination de la prison. Il pense le trouver écroulé d’avoir perdu ses deux fils. Pas du tout. Son regard est glacial, son visage impassible.

 

          - Vous perdez votre deuxième fils et vous ne réagissez pas ! Vous êtes monstrueux !

 

          John lève à peine la tête.

 

          - C’était inévitable…Hugo devenait dangereux pour EUX. Ne me demandez rien, je ne vous dirai rien.

 

          - Comment pouvez-vous soutenir ces truands ? Ils ont assassiné deux membres de votre famille !

 

          - Hugo et Bill connaissaient les règles…

 

          - J’espère que vous allez passer les dernières années de votre vie entre quatre murs !

 

          John ricane :

 

          - N’en soyez pas si certain !

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Dimanche 20 juillet 2008


Assise  sur un rocher au clair de lune

Les doigts pinçant les cordes du cistre

La belle éplorée évoqua dans un registre

De voix cristalline, les maux de son âme,

Confiant ses  désillusions à la noire lagune.

Mais qui pourrait comprendre son drame ?

 

Posant son instrument au bord de l’estacade,

D’un pas mal assuré,  elle s’éloigna de la jetée,

S’enfonça dans l’onde interdite baignade,

Et s’immergea jusqu’à définitive noyade.

Le souffle court, les membres froids, glacés,

D’effroi, de son cauchemar, sortit angoissée.

(V W-R 20 07 2008 - tableau de 1998)

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Dimanche 20 juillet 2008

Chapitre 42

 

Explications

 

          Amarande assise sur le canapé du salon regarde les visages de Brenn et de Marion. Elle se souvient des derniers évènements.

 

          Quand la voiture des ravisseurs n’était plus visible, Marion avait rampé jusqu’à Brenn.

 

          - Brenn oh Brenn Non ! Répondez-moi ! Je vous en supplie !

 

          Il avait ouvert les yeux mais ne bougeait pas.

 

     - Vous êtes vivant ! J’ai eu si peur ! Etes-vous blessé ?

 

           Elle s’était penchée sur lui et l’avait embrassé oubliant tout ce qui se passait autour d’elle.

 

          - Je n’ai rien ma douce…

 

          Alors Marion s’était retournée vers sa sœur dont le regard était fixe et rivé sur elle.

 

          - Alicia ! Réponds ! Tu n’as rien !

 

          Amarande lui avait sourit et dit que tout allait bien et que le plan avait réussi au-delà de leurs espérances…

          - Alors pourquoi ne bouges-tu pas ?

 

          Comment aurait-elle pu  dire que sa sœur était magnifique ! Que la gamine espiègle aux nattes rousses, dont elle se souvenait,  était devenue une splendide jeune fille bien plus belle que  sur la photo présentée par Brenn ? Pas étonnant que celui-ci avait tout mis en œuvre pour la sauver. Bien sûr c’était son métier, mais son ardeur, son impatience étaient motivées !

 

          Elles s’étaient retrouvées dans les bras l’une de l’autre avec une intense émotion. Leurs deux chevelures flamboyaient au soleil avec la même intensité.

 

          Bill, tué par la force d’intervention, et Eliot, par le chef des ravisseurs, étaient transportés à la morgue du service.

 

          Maintenant c’est l’attente pénible du procès.


CHAPITRE 43

  

Report

 

          John Cook, juge du Tribunal de Grande Instance de Belfast est inquiet. Son collègue a été dessaisi de l’affaire de ce matin et il doit la reprendre au pied levé. Qu’est-ce que cela signifie ? Il va reporter l’audience à quatorze heures afin de bien cerner tous les tenants et les aboutissants de ce dossier très compliqué. Pas question d’y aller à l’aveuglette.

 

          Quand le super intendant  Holland apprend ce report d’audience, il avertit aussitôt Brenn afin que ni lui ni Amarande ne bouge de l’hôtel où ils viennent d’arriver dans le plus grand secret.

 

          L’avocat de la partie adverse s’approche de Mike.

 

           - Nous pourrions trouver un arrangement satisfaisant pour les deux parties étant donné que vous n’avez plus de témoin.

 

          - Il nous reste toujours la déclaration signée d’Amarande O’Connel  et ses enregistrements.

 

          - Ce ne sera pas suffisant. De plus les enregistrements ne sont pas recevables au Tribunal si Amarande O’Connel n’est pas présente. Soyez beau joueur Mike ! Acceptez un compromis !

          - Vos clients  sont d’immondes trafiquants, des proxénètes et des meurtriers. N’essayez pas de m’amadouer, cela ne marche pas ! Ils ont quand même fait disparaître les deux jeunes filles, sans compter les sévices ! Tué la pauvre femme de ménage !

 

          - Vous n’avez aucune preuve de cela ! De plus certains étaient en prison…

 

          - Vous savez parfaitement que le rapt peut être organisé de partout, même d’une prison. Vos clients ont des émules dans tout le pays ! John Cromwell et ses fils, Bill et Hugo, étaient encore en liberté ainsi que leur comparse Eliot !

 

          - Bill et son ami Eliot sont décédés et les deux sbires, arrêtés, ne parleront jamais…Vous vous attaquez à un tandem très dangereux ! Réfléchissez !

 

          - A tout à l’heure au tribunal Maître !

 

          - Tant pis pour vous !

 

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Dimanche 20 juillet 2008

Chapitre 40

 

La terrible nouvelle

  

          A Ennis, tous sont  installés devant le téléviseur du salon. Très attentifs aux dernières informations, personne n’entend la sonnerie du téléphone.

 

          « Nous avons appris une très mauvaise nouvelle, l’affaire Tromel s’est terminée tragiquement. Les deux sœurs ont été abattues ainsi que le négociateur Brenn Murphy  et deux des ravisseurs… »

 

          Josette hurle et tombe dans les bras de Sean.  Louise s’écroule en sanglotant tandis que Nicolas court comme un fou dans le jardin en criant :

 

          - Ce n’est pas vrai ! Ce ne peut être vrai !

 

          Au milieu du tohu-bohu, Rose Carrey entend le téléphone. Elle se précipite mais Sean la devance et lui prend le combiné des mains.

 

          - Mike est-ce toi ?

 

          - Oui Sean…Peux-tu venir avec la famille à Belfast ? Préviens aussi Terry Mac Mullan…

 

          - C’est donc vrai ! Comment une telle chose a-t-elle pu arriver ?

 

          - Je t’en prie…Je t’expliquerai…viens…

          Sean trouve son ami Mike très laconique et froid. Pas un seul instant il n’a présenté ses condoléances. Il appelle ensuite Duncan Mac Dough. Un inspecteur lui apprend qu’il est absent depuis deux jours.

 

          - Où puis-je le joindre ?

 

          - Sur son portable…C’est terrible ce qui est arrivé…

 

          - Oui terrible.

 

          Il informe la famille qu’ils prendront la route le lendemain de très bonne heure. Personne ne veut attendre.

 

          - Je sais que c’est difficile mais je vous en prie, nous ne sommes pas en état de conduire ce soir.

                                                                  

Chapitre 41

 

  

Lugubre trajet

 

          Le mauvais temps accompagne les deux voitures en direction de Belfast. Josette Tromel, assise derrière Sean, est silencieuse. Terry lui tient la main. Ils sont unis dans la même douleur. L’ambiance est oppressante.

 

          L’autre véhicule est conduit par Thomas. Il n’arrive pas à croire ce qu’il a entendu aux nouvelles. Il revoit le visage de Marion et ses yeux se brouillent de larmes. Sa rage contre Valérie est décuplée. Nicolas,  la gorge nouée, perdu dans ses tristes pensées, reste muet. Louise pleure en silence.

 

          Sean reçoit un appel sur son portable au moment d’arriver à l’entrée de la ville. C’est Duncan Mac Dough.

 

          - Sean ou es-tu ? Je te cherche partout ! As-tu entendu….

 

          - Oui Duncan… Nous sommes en route pour Belfast…

 

          - Vous auriez dû attendre à Ennis…

 

          - Nous avons été convoqués…

 

          - Convoqués ! Mais pourquoi ?

          Sean Carrey répond dans un murmure :

         

          - Pour la remise des corps certainement….

 

          - Ce n’est pas la procédure habituelle…

 

          - Je me suis fait la même réflexion…Où te trouves-tu ?

 

          - J’arrive à mon bureau…

 

          Sean sent une certaine hésitation et de l’inquiétude dans la voix de son ex collègue.

 

          - As-tu un problème Duncan ?

 

          - Je…suis un peu préoccupé…un ennui familial…Et puis, cette histoire tragique me remue l’estomac….Quelle belle erreur de Mike Holland !

 

          - En effet…Je ne comprend pas…J’arrive à Belfast, je t’appellerai dès que j’en saurai plus….